• Vira HENG

Renouer avec la vie après un deuil

« L’esprit oublie toutes les souffrances

quand le chagrin a des compagnons et que l’amitié le console. » William Shakespeare


Perdre ses repères… Se réorienter

Perdre quelqu’un de proche, c’est comme être dépossédé d’une partie de ses repères, c’est se sentir désarmé avec une partie de notre monde qui s’écroule, en cherchant le mode d’emploi, en se demandant comment faire après cela. Ce que l’on subit dans cette épreuve, cette remise en question, ce cheminement intérieur, cette réflexion sur le monde et sur les relations que l’on tisse, tout cela nous explose au visage.

On a parfois tendance à se perdre entre l’important, le superflu, le capital, l’urgent, le grave, le détail minuscule dans la vie de tous les jours… Ne serait-ce justement l’occasion de se réorienter, de se donner une nouvelle chance de voir la vie autrement, par le prisme de ce qu’elle nous apporte de beau, de fort, par ce qu’elle nous pousse à aller questionner, chercher, ce que cela nous permet de relativiser : oui, il y a des choses graves et d’autres qui le sont beaucoup moins.

Renaître de ses cendres ?

Et si vivre un deuil était aussi le moment de renaître de ses cendres, de se repositionner dans la vie, de commencer sa nouvelle vie, celle qui commence quand on comprend qu'on n’en a qu’une justement, avec une autre réalité, une autre lucidité.

C’est se remettre pleinement dans la vie avec une forme d’urgence à vivre, intensément, chaque instant, car nous ne savons pas quand la grande roulette de la vie finira par s’arrêter définitivement.

C’est vivre plus fort, vivre plus grand, c’est profiter de chaque instant, c’est se poser les bonnes questions, trouver certaines réponses et continuer à en chercher d’autres. C’est avancer sur son chemin de vie, c’est s’établir de nouveaux repères, c’est se reconstruire, c’est faire preuve de résilience, c’est apprendre à réveiller sa part de soi endormie, renouer avec son énergie vitale, son essence, c’est se retrouver face à soi, sans faux-semblant, sans fioriture. C’est prendre conscience de profiter de cette vie qui est si belle quand on prend la peine de la regarder en face, quand on la façonne au gré de ses envies, de ses désirs, quand on s’écoute et qu’on cesse de suivre des diktats, des obligations, des règles enfermantes qui nous enlèvent une part de notre liberté d’agir et de penser.


Redevenir pleinement acteur de sa vie Prendre conscience que cette vie que nous vivons au quotidien est la vie sur laquelle nous avons le pouvoir d’agir, de faire, de transformer et d’accomplir ainsi nos desseins et nos rêves. Nous avons dans nos mains la pleine puissance pour changer notre destin, notre condition, ce qui nous amène de l’insatisfaction, ce qui nous empêche d’avancer au rythme que nous souhaitons. Chaque seconde qui passe a une valeur, à nous de ne pas la dilapider en attendant on ne sait quel miracle qui remettrait tout en ordre de soi-même. Nous avons la possibilité de changer des choses de notre vie, à tout moment, tant qu’il en est encore temps. Les freins que nous nous mettons sont parfois de simples brouillards qui ne demandent qu’à être dissipés. Nous pouvons être sur le toit du monde à observer ce qu’il se passe et à choisir où nous voulons être, avec qui, pour accomplir les missions que nous nous sommes choisies.


Révéler une forme de beauté

Vivre un deuil, cela fait aussi naître des élans de solidarité, des marques d’amour, des témoignages d’amitié, d’affection, des attentions, le soutien de ses proches et de personnes moins proches aussi. Ces rencontres mises sur notre chemin au bon moment, celles qui nous aident à traverser, à réfléchir, à avancer, à nous préparer juste avant et après aussi. Elles sont une source de force et d’énergie, un soutien d’une valeur inestimable. C’est aussi ce qui permet de se sentir moins seul face à ces situations si désarmantes et qui crée des liens plus forts avec certaines personnes, avec qui il nous a été donné de partager quelque chose qui relève de l’intime. Mes amis, mes compagnons de formation, les Artisans narratifs, vous qui avez été aux premières loges, je vous suis infiniment reconnaissante de cette bienveillance immense que vous m’avez communiquée et qui m’a accompagnée dans ces moments difficiles. Merci encore pour cette force inestimable que vous m'avez transmise.


Choisir sa vie et vivre ses rêves

Désormais, s’il y a un seul écueil à éviter, ce sera celui de ne pas rater le coche de sa propre vie. Ei si à partir de maintenant, nous songions à ne plus laisser passer une occasion d’être heureux, de choisir, de vivre, d’aimer, d’être libre ? Parce qu’une chose est sûre, je ne veux plus risquer de partir, le moment venu, avec le moindre regret sur le cœur. Je veux être certaine d’avoir tout tenté, d’avoir tout fait pour avoir la vie dont je rêve. Parmi ces rêves, il y a celui de d'accompagner les personnes qui croisent ma route à ne jamais perdre leurs propres rêves de vue et les aider à choisir leur chemin de vie avec bonheur. Et il y en a bien d'autres qui continuent de s'écrire au fil de l'eau... -------------------------------------------------------


Merci ma chère Élisabeth, de m’avoir rappelé l’importance de vivre tant qu’il est encore temps. Merci pour ce que tu me laisses, pour cette place de choix que tu m’as accordé dans ta vie, merci d’avoir été ma fidèle amie pendant plus de 30 ans, même si tu es partie bien trop tôt. Tu vas me manquer, terriblement, c’est sûr, même si tu seras toujours quelque part avec moi.

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